Bouarka - Les éléments 


L'escalier

L'escalier est né au commencement de l'humanité avec le propos très concret de surmonter les dénivelés entre les plans. Ce fut longtemps son seul objet et, de ce fait, sa forma était soumise seulement au indications directes relatives à son positionnement. Au fil des différentes civilisations culturelles, de nouvelles fonctions se sont révélées, conditionnées par des types d'édifices précis, influant sur la forme de l'escalier.

Mais la forme des escaliers ne dépend pas des styles des diverses époques, dont l'influence se limite en fait à la décoration. Elle symbolise plutôt l'expression d'un ensemble de valeurs ou d'une aspiration à la perfection technique. Ces concepts se sont convertis en une force motrice importante pour le développement esthétique et architecturale de l'escalier, à l'origine de la création d'œuvres d'arts extraordinaire au sein de toutes les cultures sans perdre de vue la mission principale : franchir les niveaux. Tout comme la fonction, le choix du matériau se révélait d'importance. En effet sa valeur ou le raffinement de la construction symbolisaient tant la situation matérielle comme la position sociale ou intellectuelle du promoteur.

L'emploi plus rationnel des matériaux de construction et leur combinaison engendrent diverses formes nouvelles. Les escaliers ont perdu leur rigidité et gagné en légèreté à mesure que surgissent les silhouettes en spirales, les formes décoratives et courbes, bien qu'entre également en jeu les textures, l'éclairage et l'articulation de l'espace. L'on peut avancer que l'escalier s'est peu à peu dématérialisé tout en préservant sa personnalité, ses lignes et sa fonction innée : celle de monter et descendre, bien que l'imagination ait pu engendrer des escaliers impossibles, comme ceux de l'artiste hollandais M.C. Escher.